Pierre BENOIT, diacre Homélie 3ème dimanche de l’Avent Jn 1 17 décembre 2017 Frères et soeurs, la lumière est venu dans le monde et nous avons contemplé sa gloire en Jésus le Christ. La vie de Jésus, son incarnation, sa vie cachée, sa vie publique, sa passion et sa résurrection nous manifestent la lumière qui était dès le commenement tournée vers le Père et qui nous fait connaître le Père. Qui m’a vu a vu le Père, dit Jésus. Ce que Jésus nous fait connaître, c’est le Père. Il est le visage resplendissant du Père qui se cache, qui est soucieux des pauvres et des malades, qui communique son amour sauveur aux bons et aux méchants, comme lui le soleil sur toute créature. En sa résurrection il montre qui est le Père plein de vie qui glorifie ses fils. Si Jésus est le témoin du Père dans l’Esprit-Saint, celui qui a reçu l’onction (Is 61), qui est le témoin de Jésus ? Et à quoi bon un témoin pour Jésus ? Pourquoi Jean le Baptiste ? Et qu’avons-nous à apprendre de lui ? Nous apprenons de lui à témoigner de Jésus.

Nous avons entendu cette parole : Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière. Dans ce prologue, qui nous donne une lumière d’éternité sur la venue de Jésus, est contenue la mention de Jean-Baptiste comme témoin de la lumière. Dans une pièce noire, un témoin lumineux nous renseigne sur le lieu de l’interrupteur. Ici Jean-Baptiste est une lumière qui montre la présence de la lumière et l’annonce. La lumière, en effet, n’est lumière que parce qu’elle éclaire quelque chose. Pour venir dans le monde comme lumière, il en faut un, un homme parmi les fils d’Israël, qui révèle que celui-ci, Jésus de Nazareth, est bien la lumière du monde qu’annonçait le prophète Isaïe. La lumière seule n’est pas crédible, car elle nous dépasse. Jean-Baptiste est celui qui lui est associé par la parole et par la vie. Il la rend ainsi crédible pour ses contemporains en Israël. Et tout le monde le sent car tous viennent à lui pour se faire baptiser dans le Jourdain. Ils renouvèlent ainsi l’alliance en entrant à nouveau en terre promise depuis le désert. Jésus a ainsi besoin de témoin pour montrer que ce qu’il est, la lumière du monde, est reçu dans une vie. Il a ainsi besoin de notre vie pour montrer la pertinence de la sienne. Qu’est-ce qu’un témoin ? Premièrement, on le saisit par la manière de faire de Jean-Baptiste lorsqu’on l’interroge sur son identité. Il dit je ne suis pas le Christ. Un nom bizarre, un nom négatif : je ne suis pas… C’est le contraire de ce que le pape François appelle «la tentation de l’autoréférentialité ». Il se présente comme un signe : la voix de la Parole selon Jean-Baptiste, sa servante selon la Vierge Marie, son ministre selon saint Paul. Deuxièmement, Jean-Baptiste se tient dans le lieu de la conversion attendue pour Israël. Il n’est pas dans le Temple, dans l’entretien du rite, il se trouve dans le lieu où le salut s’impose. Ainsi, le témoin du Messie, témoin de l’agneau qui enlève le péché du monde se tient dans le lieu où s’opère ce salut et il vit d’une manière qui favorise le témoignage du salut. Il ne vit pas pour lui-même. Jean-Baptiste incarne ce ministère parce qu’il vit au désert avec un vétement en poil de chameau, l’animal du désert, et mange des sauterelles, intériorisant ainsi les plaies d’Egypte. Il porte ainsi, pour Israël, le fardeau du péché afin de renouveler le geste d’entrée en terre promise en renouvelant l’adhésion personnelle à l’alliance. Et nous entendons le témoignage de Jean-le-Baptiseur pour devenir témoin à notre tour selon ces deux modalités du signe et du repère de conversion. Voulez-vous ainsi être ainsi un témoin à votre tour ? Premièrement, comme signe, une difficulté se présente à nous qui est la tendance identitaire catholique. Le besoin identitaire est criant aujourd’hui et il s’agit d’en comprendre la pertinence comme catholique, tout en luttant contre ce qu’il comporte d’autoréférentialité. Non, l’Eglise n’a pas pour but de s’autojustifier, de mettre ses forces au service de sa consolidation ; elle a besoin de témoigner du Christ, de dire le Messie qui vient. Nous devons dire ce que nous sommes, sans complexe – encore faudrait-il le connaître – mais en désignant Jésus. Parfois, on a le sentiment en Eglise que être catholique c’est s’occuper du patrimoine immobilier et mobilier, des signes et des possessions. Non, ce ne sont que des moyens et l’essentiel c’est de rendre témoignage à Jésus en lui ressemblant dans nos paroles et surtout dans notre vie et notre mort. Deuxièmement, être témoin durant l’Avent, c’est se tenir dans le lieu où nous-même et la ville de Nice sont appelés à se convertir au Christ. Je vous le demande : où est-ce ?

Frères et soeurs, l’Avent est ce temps du témoignage de la lumière qui vient en suivant l’exemple de Jean-Baptiste. Demandons cette grâce de l’identifier pour nous et pour Nice.

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2017-12-19T18:15:44+00:00